Exposition Paul Dauce

du 17 juin au 29 juillet

Paul Dauce vivait la parole des mythes, des légendes, des symboles.
Il avait un profond attachement pour la légende du roi Arthur et pour la forêt de Brocéliande.
Il faisait partie du premier cercle du Centre Arthurien, dont il était membre depuis sa création.
Autant de raisons de lui rendre ici hommage, et de donner la parole à son ami de toujours, Bernard Louédin.
Les photos et les textes sont extraits du très beau livre que son épouse et ses filles lui ont consacré,
et dont quelques exemplaires sont encore disponibles.

                                                                                                                                                 Photos Jean Hervoche

Maintenant qu’il erre dans l’ailleurs, nous mesurons l’ampleur de sa place et la portée d’une œuvre singulière,
nourrie d’une âme inquiète cachée sous la désinvolture.
Un souffle s’est éteint mais l’œuvre, silencieusement, éclaire notre devenir comme la sève épanouit l’arbre;
et je songe à lui, île dans la solitude de la mer, île nourrie des rêves d’un libertin qui dessinait le temps.
Bernard Louédin

Le chevalier du graal                                                                Sommeil de l'arbre                                                                            Viviane                   

 

J’ai souvent travaillé
près de ce funambule de la tache d’encre
qui avait l’élégance de la passion discrète.
Il se tenait de très curieuse manière:
une jambe repliée sous les fesses en profil de grand échassier.
Bancal, comme chacun de nous.
Attentif devant le grand vélin d’Arches,
il humectait abondamment la feuille qui se tendait sous l’humidité
et, furtivement, précipitait l’encre obscure sur ce lac amoureux
dont il caressait d’irisations charbonneuses la surface miroitante.
Toute une géographie nouvelle naissait en convoitise
et, de ses mains si longues,
il promenait un doigt mouillé dans ce magma informe,
afin d’y discerner quelques figures ou d’ineffables images à lui seul promises.
Il était le fiancé de l’encre et de l’eau, en attente de noces,
et lorsqu’il se penchait sur ses gestations nourricières,
il devinait déjà l’aventure qui s’ouvrait à lui mais dont il ignorait l’issue.
Commençait alors une lente mise en forme.
De Prince des ténèbres, il devenait Poète de lumière,
et s’étonnait souvent d’être orienté et induit
par d’occultes configurations.


Bernard Louédin
Photographie : Paul Dauce par Yvon Boëlle

 

Paul Dauce est toujours resté
profondément attaché à un réseau d’amis et d’images.
Ces fidélités ont épousé un univers de la tendresse,
de la grâce et des songes qui engendre une cosmographie insensible
à tout écoulement trop régulier du temps;
elle s’étend en un lieu indéfini,
un au-delà du monde pourtant situé très près de nous,
certainement du côté des Îles d’éternelle jeunesse.
Membre de l’Académie de Bretagne,
Paul Dauce est l’un des fondateurs du Centre de l’Imaginaire Arthurien,
et les murs de Comper accueillent sa vivifiante présence,
là, sous les ombrages de la forêt, auprès du Lac,
à deux pas du Val des ombres où, par le dessin, il éveilla un jour
Merlin et Viviane à de juvéniles et immortelles amours.

À l’automne 2003, l’âme de Paul s’en est allée sur la Loire.
Elle vogue entre sa ville et l’océan, elle explore les abers les plus étroits,
revisite les grands cairns et les tumulus de la mémoire.
Puis, inlassablement, elle remonte les eaux du fleuve,
les artères souterraines qui irriguent le Château où,
dans l’étrange solitude de la ville de Nantes qu’il a si pleinement habitée,
Paul fait revivre à ses amis les fastes secrets du Duché.
Des sources apparaissent dans la lueur des places éclairées,
des immeubles se couvrent de feuilles,
des ramures-lianes s’insèrent dans le scellement trop organisé des pierres.
Dans l’effraction des lieux, la Loire cristallise ses eaux
et elles se mêlent aux eaux du Lac de cristal,
le château des princes bretons devient le Palais des Dames inaccessibles,
celui des Chevaliers trop ignorants, le lieu des questionnements sans réponse.

Une lueur naît dans l’entrelacs des branches dépouillées par l’hiver,
une aubépine saisie de printemps soudain fleurit.
Des branches se meuvent et s’écartent,
et lui, Paul, le tendre créateur, retrouve ses créatures.
Aux tréfonds de la Bretagne, au plus profond de Brocéliande.

Hervé Glot

 

Le montage de l’exposition a eu lieu le 18 juin (la date était sans appel).
Après Christophe pour l’Écosse, c’est Pascal qui est venu prêter main-forte à Hervé
pour mettre en place les tableaux confiés par différents collectionneurs
ainsi que par Danielle Dauce que nous remercions de son aide
et de sa fidèle amitié.

 

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