Naissance de la féerie

2007

« Sans fin ni commencement la nature réinvente à chaque fois l’inconnu, enchante et réenchante si bien le Temps que toujours il s’émerveille des fraîcheurs scintillantes de l’aurore, du liseré perlé des filandres, des orfèvreries précieuses des sous-bois, et que sans fin il s’adonne et s’abandonne au sacre des renaissances. » Ainsi s’exprime Pierre Dubois, en préface à l’exposition photographique Naissance de la féerie. Il conte comment nature et féerie vont d’un même pas. Car la féerie commence tout près, et un regard attentif porté autour de nous révèle la magie d’un monde plus fascinant que bien des effets spéciaux. À sa manière inimitable, le maître et l’inventeur de l’elficologie accompagne les photographies d’Hervé Glot d’un monde à l’autre, de l’endormissement de la végétation jusqu’aux premiers jaillissements des fleurs nouvelles.


Textes de Pierre Dubois
Il nourrit son enfance de livres et de films d’aventures, puis traîne ses études et ses révoltes aux Beaux-Arts de Lille. Il devient journaliste, de radio puis de télévision, à Lille, Limoges, Rennes enfin, passionnant son public au récit des coutumes, croyances, légendes et contes. Scénariste de films ou de BD, chroniqueur, il est aussi écrivain, pour adultes et pour enfants. Mais surtout Pierre Dubois est à l’origine du retour du Petit peuple et du réveil des fées en France, méritant sans conteste le titre, par lui créé, d’elficologue. Depuis ses fiches parues dans Spirou jusqu’aux Encyclopédies éditées par Lionel Hoëbeke, Pierre Dubois, en ouvrant des passages oubliés, a suscité de multiples vocations.

Photos d’Hervé Glot
Les photos d’Hervé Glot qui ont inspiré les textes de Pierre Dubois ont pratiquement toutes été prises de La Gacilly à Brocéliande. Car même si Hervé a traîné ses objectifs à l’autre bout du monde, la Bretagne en général et cette frange du Morbihan où il a choisi de vivre voici plus de trente-cinq ans continuent à lui offrir mille occasions d’explorer le mystère de la nature.

Composition de l’exposition

17 cadres 50 x 75 sous-verre verticaux comprenant une photographie et son texte.
1 cadre texte 50 x 75 horizontal
1 cadre de présentation de l’exposition

Enfin le conte peut commencer…
Dans les eaux sombres, l’hiver s’est enlisé.
C’est un vaste royaume aux murailles étendues.
À l’orée du bosquet, Marie-au-Blé a fiché en terre sa quenouille de fils d’or.
Dames, demoiselles, bergères en s’en coiffant redeviennent fées.
L’Île est là, endormie parmi ses brumes.
Les enfants sauvages battent joyeusement des mains.
Les Veilleurs de pierre bornent les chemins, les champs, les landes et les bois.
« Avril a fait la fleur : Mai en a l’honneur. »
Le paysage est tombé dans le noir.
Au soleil couchant le long du talus, les arbres se promènent.
Forêts décimées aux vieux rois décapités.
Suspendu entre ciel et terre, tout au bout de la branche…
Roussalky, Vily, demiselles, Ondines viennent s’y baigner.
Un Monde est en-dessous, on peut le deviner.
Certains arbres se font gothiques, on ne sait pourquoi.
À quoi rêve l’Homme Vert dans sa barbe de mousse…
Bosquet, bouquet… sur quelques feuilles l’arc-en-ciel s’est posé.
C’est d’abord une rose en bouton rêvant d’un fruit parfait.


 

 

          

         

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